Historique du domaine

Une tradition séculaire

Des moines vignerons

Il semblerait que le terroir de l’Entre-deux-Lacs ait déjà été une terre de vins au temps des Romains. Ce qui est plus sûr, c’est qu’au XIIe siècle, les bénédictins du cloître de la SainteCroix de Troub, en Emmental – qui dépendait de l’Abbaye de Sankt Blasien en Forêt-Noire – plantèrent les premières vignes de Cressier. Une fois le « Trueberwy » mis en tonneaux, les moines remontaient dans leur pays d’origine, par la Thielle et l’Aar, faisant connaître sur leur route les bienfaits de ces crus. La Réforme protestante mit un terme à l’histoire des moines vignerons en 1528. Les biens abbatiaux furent sécularisés et passèrent en main de l’Hôpital de l’Ile de Berne. Ceci permit aux vins du Domaine de la maison de Troub à Cressier d’être servi à la table des puissants souverains de la ville de Berne.

Constitution du Domaine de l’Hôpital Pourtalès

Jacques-Louis de Pourtalès, fondateur de l’Hôpital Pourtalès à Neuchâtel, voulut assurer le financement de son hôpital gratuit pour les indigents en acquérant différents biens immobiliers et propriétés viticoles.
C’est ainsi que, dès 1813, le Domaine de Cressier commença à être constitué.

C’est le fils du fondateur, le Comte Louis de Pourtalès, qui après moult tractations avec l’Hôpital de Berne, signa l’acte d’acquisition du « Domaine de Troub » à Cressier en 1823.

Aperçu des activités des régisseurs du Domaine Hôpital Pourtalès

Les régisseurs du Domaine sont chargés par la Fondation de l’Hôpital Pourtalès d’inspecter quotidiennement les vignes, de superviser les vendanges et l’encavage, de s’occuper de la vente directe du vin et de l’organisation de la vente aux enchères. Ils sont aussi responsables d’acheter le matériel utile aux travaux de vigne et de tenir le compte précis des dépenses effectuées.

Les premiers régisseurs du Domaine de l’Hôpital Pourtalès s’attelèrent à rationaliser et unifier la propriété, en cédant et en échangeant certaines parcelles, et s’occupèrent d’uniformiser les cépages cultivés. Ils sélectionnèrent donc les ceps les plus vigoureux et adaptèrent les plants aux terrains qui leur convenaient le mieux. C’est ainsi que le Domaine se distingua très tôt par sa rigueur ampélographique.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les vignerons avaient une connaissance des moûts et du vin basée essentiellement sur l’expérience et l’observation. Ces connaissances ne permettaient pas d’assurer à chaque fois une vinification similaire et la qualité des vins fluctuait donc de manière très importante d’une année à l’autre. Il fallut attendre la découverte des levures par Louis Pasteur, vers 1860, pour que les principes de la
vinification soient bien compris et commencent à être maîtrisés.

Tous les régisseurs durent s’investir dans la lutte contre l’invasion des parasites (phylloxera, cochylis, urbec, gribouri, noctuelle, vers de grappe, hannetons, …), contre les maladies de la vigne (oïdium, mildiou, chlorose, brûlure, …) ainsi que contre la grêle, les gels et les sécheresses récurrentes. Ainsi, à l’aube du XXe siècle, le phylloxera réduisit tout le vignoble neuchâtelois à néant. Adrien Ruedin-Virchaux (régisseur de 1918 à 1958) porta beaucoup d’intérêt au machinisme en plein essor, comme solution au problème d’une main d’œuvre qui se
raréfiait. André Ruedin (régisseur de 1958 à 1984) fut confronté au même problème : le secteur tertiaire étant en plein essor, le recrutement de vignerons-tâcherons ne se faisait plus que difficilement. Pour remédier à cela, il proposa d’engager d’une équipe payée au mois. Le premier chef vigneron de cette équipe fut Pierre Descombes de 1958 à 1977, suivi de Hans Maurer de 1979 à 2000. Sous la régie d’André Ruedin également, la culture en gobelet fut abandonnée pour la culture mi-haute, diminuant ainsi le risque de gel. En effet, en 1956, puis en 1962-1963, les vignes avaient été ravagées par ce mal. Ces catastrophes successives engendrèrent un remaniement parcellaire dans la région de l’Entre-deux-Lacs qui permit au Domaine de réduire ses coûts de production et, partant, d’augmenter sa rentabilité. L’histoire du Domaine au travers des activités des régisseurs successifs nous montre
à quel point les soins à la culture de la vigne, accompagnés des meilleures connaissances ampélographiques et techniques, les soins aux caves et l’attention portée à la vinification ont été sans relâche au sommet de leurs préoccupations.

Responsables et régisseurs du Domaine

Régisseurs successifs du Domaine Hôpital Pourtalès

  • Jean-Baptiste Persoz père de 1815 à 1828, secondé par Jean-Baptiste
    Persoz fils en 1828
  • François Persoz de 1829 à 1842
  • Jean-Joseph Thomas de 1842 à 1870
  • Charles Thomas, de 1870 à 1895
  • Adrien Ruedin-Züst de 1895 à 1918
  • Adrien Ruedin-Virchaux et Louis Ruedin-Lauber, ensemble de 1918 à 1925, puis le premier seul de 1925 à 1958
  • André Ruedin de 1958 à 1984
  • Jean-Paul Ruedin de 1984 à 2011
  • David Houlmann de 2011 à 2017
  • Sébastien Jendly de 2017 à aujourd’hui